Le Jin Shin Jyutsu : un art de vivre pour se soigner

jin shin jyutsu mudraLe Jin Shin Jyutsu est un art de guérison ancestral qui nous vient du Japon. Peu connu en France, il permet à celui qui le pratique de récupérer vitalité et harmonie tant au niveau physique que mental ou émotionnel. Il peut compléter très utilement tout traitement médical et toute forme de thérapie. Il permet de se soigner avec son souffle et ses mains en libérant les tensions et blocages énergétiques qui sont à l’origine des divers symptômes que nous observons dans notre corps lorsque nous sommes malades.

L’énergie vitale

Le Jin Shin Jyutsu fait partie de la sagesse intrinsèque de l’être humain et réveille en nous la conscience de l’énergie vitale qui anime le vivant. Cette énergie qui selon les croyances ou les cultures s’est appelée « Pneuma » chez les grecs de l’antiquité, « Prana » chez les Indous, « Chi » pour les Chinois ou « Ki » pour les japonais , vous l’appelez peut-être « Puissance divine » ou « Énergie universelle » selon vos propres croyances. Peu importe son nom, cette énergie vitale existe bel et bien et anime tous les êtres vivants. Elle se trouve à la base de toutes les médecines traditionnelles énergétiques.
Le principe de base des médecines énergétiques est que le corps est parcouru par des flux d’énergie vitale qui alimentent chacune de nos cellules. Lorsque l’énergie vitale circule librement, l’individu est en bonne santé. Lorsque l’un des flux énergétique du corps est bloqué en au moins un point, il en résulte au minimum un inconfort et au maximum une souffrance ou une pathologie. Ce dysfonctionnement peut concerner localement le point de blocage mais la plupart du temps il s’étend à l’ensemble du flux et se manifeste sur des organes ou des systèmes éloignés du point de blocage mais irrigués par le même flux énergétique.
Pour prendre une métaphore, si vous obturez un canal d’irrigation, vous observerez localement un débordement de l’eau et une inondation qui sera néfaste aux cultures qui sont sensibles à un excès d’eau mais vous aurez aussi des incidences sur les cultures en aval qui recevront moins d’eau et qui s’en trouveront affectées, d’autant plus qu’elles seront sensibles à un manque d’eau. Les défaillances dans la circulation de l’énergie vitale dans l’organisme auront de la même manière des conséquences plus ou moins marquées selon les dispositions des individus et leur terrain personnel.

Qu’est-ce que la santé ?

La santé a été définie lors de la Conférence internationale sur la Santé qui s’est tenue à New York en 1946, en préambule de la constitution de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Cette définition a été adoptée par les représentants de 61 états le 22 juillet 1946 et n’a jamais été modifiée depuis. Selon cette définition, la santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité.
La médecine moderne a quelque peut oublié la première partie de cette définition. Elle s’attache essentiellement à faire disparaître les symptômes visibles de la maladie sans systématiquement en rechercher la cause sous-jacente. Le résultat est que le patient quoique soulagé des ses symptômes n’en retrouve pas pour autant le bien-être puisqu’il doit apprendre à vivre avec sa maladie et à supporter des traitements parfois lourds en terme de contraintes et d’effets secondaires.
De mon point de vue, la médecine est indispensable pour soulager les symptômes violents qui engendrent une grande souffrance et pour intervenir dans les situations d’urgence qui menacent la vie du patient ; cependant il me semble essentiel de compléter ces actions par une recherche de la cause profonde de la maladie afin de retrouver la santé telle que définie par l’OMS. Le Jin Shin Jyutsu identifie les blocages énergétiques qui sont la cause des symptômes observés chez le patient ; en débloquant l’énergie stagnante, le Jin Shin Jyutsu permet de faire disparaître de fait les symptômes.

Les origines du Jin Shin Jyutsu

Les fondements de cet art se retrouvent dans le Kojiki qui signifie littéralement « Chronique des faits anciens » et qui est le plus ancien écrit japonais existant de nos jours. Cette chronique est conservée dans les archives du Palais Impérial au Japon. Elle avait été commandée par l’empereur Temnu (règne 672 – 686) afin de corriger des erreurs observées dans des enregistrements historiques et de consigner par écrit des connaissances qui étaient jusque là transmises oralement à travers les générations . Ce travail fut réalisé en se basant sur l’observation de la réalité. Le Kojiki ne fut achevé que sous le règne de l’impératrice Gemnei (règne 707-715). Dans cette chronique, il apparaît que cet art était très répandu à l’époque de la tradition orale, c’est à dire plusieurs siècles avant JC.
Au fil du temps, l’art du Jin Shin Jyutsu est progressivement tombé dans l’oubli jusqu’à ce qu’il soit redécouvert par un sage japonais Jirô Murai au début du XXème siècle. Né en 1886 à Taiseimura (actuellement Kaga dans la préfecture d’Ishikawa) il était issu d’une famille de médecins. Impulsif et excessif, il menait une vie dissolue où la boisson et la nourriture tenaient une place considérable. Ceci le conduisit même à participer à des concours pour gagner de l’argent en avalant des quantités record de nourriture. A 26 ans il tomba gravement malade et les traitements médicaux qu’il reçut ne permirent pas d’améliorer sa santé. Les médecins déclarèrent qu’il n’était plus possible de le sauver et qu’il était condamné.
Voyant cela, Jirô Murai se retira dans le chalet familial en montagne pour jeûner, méditer et pratiquer différentes positions de doigts (les mudras) qui permettent de restaurer une circulation harmonieuse de l’énergie vitale dans le corps. Au bout d’une semaine, après être passé par différents états de prostration, il se sentit envahi d’un grand bien-être : il était guéri.
Stupéfait par le pouvoir d’auto-guérison de son corps, il entreprit de consacrer sa vie entière à comprendre et étudier ce phénomène. Il débuta ses recherches en rencontrant des sans-abris qui souffraient de pathologies diverses. Il étudia les appareils du corps les uns après les autres. Il s’attachait par exemple à comprendre l’origine des troubles digestifs en soignant toutes les personnes qui souffraient de ces troubles ; et lorsqu’il avait compris d’où provenaient ces troubles et qu’il était en mesure de restaurer les fonctions chez un individu atteint, il passait à un autre appareil, appliquant la même méthodologie.
Le Jin Shin Jyutsu signifie littéralement « l’Art du Créateur à travers l’Homme de connaissance et de compassion » : il nous fait prendre conscience que l’être humain possède en lui des capacités de guérison issue de l’énergie vitale et qui sont à notre portée pour peu que nous soyons enclins à nous mettre à notre écoute. Nous avons tous au plus profond de nous ces capacités et pour les faire sortir au grand jour il faut simplement mettre en pratique ces sages paroles de Platon

Apprendre, c’est se souvenir.

Le Jin Shin Jyutsu, un héritage à transmettre

Jirô Murai consacra toute sa vie à redécouvrir ce savoir ancestral et son souhait était que ce travail profite à un maximum de personnes. Aussi décida-t-il de transmettre tout son savoir à une étudiante américaine d’origine japonaise dans les années 1940.
Mary Burmeister née Lino était venue au Japon depuis Seattle pour y étudier le japonais et la diplomatie. Elle rencontra Jirô Murai chez un ami commun. De nature curieuse et consciencieuse, lorsqu’il lui proposa de lui transmettre son savoir, elle accepta. C’est ainsi qu’elle étudia pendant 12 ans avec le maître. Elle bénéficia elle-même de ses soins et pu constater leur efficacité, ce qui développa sa compassion au regard des autres et la décida à les aider à son tour. A partir de 1963, Mary Burmeister ne cessa plus de pratiquer l’art du Jin Shin Jyutsu et de l’enseigner. C’est un véritable art de vivre qui trouve ses racines dans la capacité que nous avons à nous connaître nous-même. Lorsque nous nous connaissons, nous sommes à même de nous aider et d’aider les autres.
J’ai personnellement découvert cet art il y a 6 mois environ et j’ai commencé à pratiquer sur moi-même. Depuis il ne se passe pas un jour sans que je m’en serve sur moi ou sur les autres. Il est extrêmement simple à appliquer. Les deux outils dont vous avez besoin sont votre souffle et vos mains. La respiration est utilisée comme outil premier pour restaurer la libre circulation de l’énergie vitale dans le corps et les doigts ou les mains sont posés sur différents points du corps afin de débloquer l’énergie stagnante et de retrouver l’harmonie nécessaire à la pleine santé.
Après quelques temps de pratique sur moi-même et constatant les bienfaits, j’ai commencé à faire des expériences sur mes cobayes favoris : mon conjoint et mes enfants. J’ai récolté une curiosité incrédule de mon homme, un haussement d’épaules accompagné du « Comment tu veux que ça marche ton truc ? » de mon ado préférée, l’enthousiasme immédiat de la plus jeune et puis finalement la satisfaction de tout le monde à la vue des résultats obtenus (avec quand même une pointe d’agacement de mon ado « Ça m’énerve ton truc, ça marche … faudra que tu m’expliques »).
Il n’est pas important de croire que le Jin Shin Jyutsu fonctionne pour obtenir des résultats bien que le fait d’avoir foi en cet art puisse inévitablement en renforcer l’effet ; mais il s’agit là d’avantage de l’action de la pensée positive. L’art du JinShin Jyutsu est basé sur un effet énergétique, un ré-équilibrage de l’énergie vitale qui circule dans l’organisme. Les sceptiques ne pourront que constater que « ça » marche même sur eux.
Aujourd’hui à la maison, j’entends souvent ce genre de choses :
« – Maman, j’ai mal à la tête, tu peux me faire du Jin Shin Jyutsu (souvent déformé en Tchou-Tchou) ? »
« – Tu n’as pas quelque chose pour le mal de ventre ? »
« – Ça existe le Jin Shin Jyutsu pour les oreilles ? J’ai mal à l’oreille droite ! »
Alors je fouille dans ma boîte à outils et je trouve des réponses qui soulagent. Encouragée par mes petites victoires thérapeutiques, j’ai ensuite fait profiter des proches, des amis ou des voisins de mes découvertes. Et maintenant, j’ai décidé de partager aussi ça avec vous et ce que je pourrai vous transmettre vous pourrez aussi le transmettre à d’autre respectant ainsi le vœu de Jirô Murai qui souhaitait que cet art profite au plus grand nombre.

Les concepts de base du Jin Shin Jyutsu

Le Jin Shin Jyutsu est fondé sur les éléments suivants :

  • l’énergie vitale circule dans chaque être vivant

La densité de l’énergie vitale varie selon les profondeurs considérées. Il existe neuf profondeurs qui correspondent aux différentes dimensions d’un être vivant et qui sont liées à des fonctions spécifiques du corps, du mental et des émotions. Ces profondeurs interagissent et font le lien entre le physique et le non-physique d’un individu et entre l’individu lui-même et l’univers dont il est issu. L’univers s’est formé à partir d’une formidable explosion d’énergie, le Big Bang qui est à l’origine de toute la création. Cette énergie existe toujours et correspond à la neuvième profondeur. C’est cette profondeur qui fait que nous sommes tous reliés à l’univers et à cette énergie sans limites. Cette énergie commence à se concentrer à la huitième profondeur constituant une source de vie. La septième profondeur correspond à l’étincelle de vie qui anime le corps physique de chaque être vivant. Dans les profondeurs suivantes, de la sixième à la première, l’énergie se densifie de plus en plus et prend l’apparence des différents aspects de la forme humaine. Ces six profondeurs sont responsables du bon fonctionnement de plusieurs ensembles de fonctions et d’organes.

  • Le souffle est la manifestation essentielle de l’énergie vitale

L’utilisation judicieuse du souffle permet de se libérer des tensions et de relancer la circulation d’énergie dans le corps. Chaque expiration correspond à l’évacuation d’énergie stagnante, chaque inspiration correspond à l’apport d’énergie nouvelle.

  • Lorsque l’énergie circule librement, l’individu est en harmonie, en bonne santé

Par contre, lorsque nous sommes envahis par l’inquiétude, la peur, la colère, la tristesse ou la prétention, alors la circulation est obstruée et les symptômes de la disharmonie apparaissent. Chacune des profondeurs est reliée à l’une des réactions émotionnelles citées précédemment.

  • L’énergie vitale circule selon des trajets précis dans l’organisme

Ces trajets sont ceux que l’on retrouve en médecine traditionnelle chinoise et donc en acupuncture, ce sont les douze méridiens qui participent au rythme circadien. Il existe donc douze flux d’organes.

  • L’énergie vitale circule selon un ovale

Elle descend sur le devant du corps et remonte sur le derrière. Cette circulation unifie le haut et le bas du corps ainsi que le devant et le derrière.

  • Le circuit énergétique du corps est équipé de 26 coupe-circuits

Ils sont appelés verrous de sauvegarde de l’énergie et se situent de chaque côté du corps (à droite et à gauche, soit 52 verrous au total). Ces verrous protègent le corps lorsque la circulation d’énergie est bloquée. Si un verrou se ferme, un symptôme au niveau de l’organe correspondant apparaît. Le fait de poser les doigts ou les mains sur un verrou ou sur une combinaison de plusieurs verrous permet de débloquer l’énergie, de restaurer sa libre circulation et de ce fait de faire disparaître le symptôme associé au blocage énergétique.

  • Nous possédons tous en nous une harmonie sous-jacente

Cette harmonie est toujours présente, même lorsque nous sommes affectés par des dysharmonies plus ou moins graves selon l’importance du blocage énergétique : des blocages énergétiques mineurs donneront lieu à des dysharmonies mineures de type indigestion ou rhume et des blocages énergétiques majeurs déboucheront sur des dysharmonies majeures du type cancer ou sclérose en plaque par exemples. Toutes les dysharmonies quelle que soit leur gravité peuvent être amoindries en libérant l’énergie bloquée.

Conclusion et perspectives

Le Jin Shin Jyutsu peut grandement contribuer à renforcer un traitement médical ou à soutenir une quelconque thérapie.
Il ne présente aucun risque d’effet secondaire, il est très simple et ne vous demandera pour tout matériel que votre souffle et vos mains, outils dont vous disposez en permanence à moins d’être inconscient ou d’être privé de ses mains par un handicap, mais dans ce cas, quelqu’un d’autre utilisera ses mains pour vous venir en aide.
Cet art peut être utilisé par tous, du nouveau-né au vieillard pour retrouver le bien-être ou pour le préserver alors que notre vie quotidienne large pourvoyeuse de stress nous malmène physiquement, mentalement et émotionnellement.
Je vous invite donc à découvrir et à pratiquer cet art de vivre au fil des prochains articles que je ne manquerai pas de rédiger à ce sujet, tant je suis moi-même une grande utilisatrice du Jin Shin Jyutsu.

Isabelle.


Sources :
« Jin Shin Jyutsu – L’art de revitaliser et d’harmoniser le corps, les émotions et le mental par le toucher » par Alice Burmeister et Tom Monte
« A history of writing in Japan » by Christopher Seeley

Photo: Isabelle Ducau

7 réflexions sur “Le Jin Shin Jyutsu : un art de vivre pour se soigner

  1. Martine dit :

    bonsoir Isabelle
    J’aimerai s’il vous plait comment faire pour être moins stressée et perdre du poids du à la ménopause . grosses bouffées de chaleur qui m’ont fait perdre le sommeil , j’ai pris 17 kgs en huit mois . merci d’avance pour vos bons conseils

    • Isabelle dit :

      Bonsoir Martine,
      Plusieurs positions de Jin Shin Jyutsu peuvent vous aider.
      1- Pour aider en cas de tension nerveuse et de stress :
      – Position A : tenir les verrous de sauvegarde de l’énergie (VSE) n°20 : main droite sue le VSE n°20 droit et simultanément main gauche sur le VSE n°20 gauche. Les emplacements sont décrits dans le billet sur les verrous de sauvegarde de l’énergie (VSE).
      – Position B : poser la main droite sur le VSE haut 19 gauche et simultanément la main gauche sur le VSE haut 1 droit, faites de même pour l’autre côté avec la main gauche sur le VSE haut 19 droit et simultanément la main droite sur le VSE haut 1 gauche. Pour la manière de tenir les points je vous laisse lire l’article sur la pratique du Jin Shin Jyutsu si vous ne l’avez pas déjà fait.
      2- Pour aider à la régulation du poids :
      – Position C : tenir les VSE n°21 : main droite sue le VSE n°21 droit et simultanément main gauche sur le VSE n°21 gauche.
      – Pratiquer la position B
      – Position D : poser la main droite sur le VSE haut 1 gauche et la main gauche sur le VSE haut 1 droit simultanément ou séparément selon que c’est le plus confortable pour vous. Aide aussi en cas de nausées.
      3- Pour aider à la transition de la ménopause :
      – Position E : tenir les VSE n°22 : main droite sue le VSE n°22 droit et simultanément main gauche sur le VSE n°22 gauche.
      – Position F : tenir les VSE n°13 : main droite sue le VSE n°13 droit et simultanément main gauche sur le VSE n°13 gauche ou si la position est inconfortable, main droite sur le VSE haut 19 gauche et main gauche sur le VSE haut 19 droit (bras croisés).
      Vous pouvez pratiquer toutes ces positions, autant que vous le souhaitez, choisir celles que vous préférez. Pratiquez chaque jour, avec régularité. Pour favoriser le sommeil vous pouvez pratiquer la première étape du courant central.
      Bonne soirée,
      Amicalement,
      Isabelle.

      • Martine dit :

        Bonjour Isabelle
        Je vous remercie pour vos bons conseils . Je vais mettre en pratique de suite . Votre site et vos connaissances sont très intéressants . Cela me redonne le moral pour aller mieux . A bientôt pour vous donner des nouvelles . Merci encore et bonne journée

  2. Boukobza Valérie dit :

    Bonsoir Isabelle,

    Un grand merci de partager vos connaissances ! Je trouve très intéressant de se réapproprier sa santé par des exercices simples de prévention, et c’est à la portée de tous.

    • Isabelle dit :

      Le Jin Shin Jyutsu est basé sur le même principe que l’acupuncture : il agit pour débloquer l’énergie stagnante et restaurer une circulation harmonieuse de l’énergie vitale à travers les méridiens. Cet art est plus facile à appliquer que l’acupuncture puisque vous n’avez besoin que de vos mains et de votre souffle.

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