Arrêter les actualités pour accéder à l’information autrement

poste de radioVous êtes-vous déjà demandé si trop d’actualité pouvait avoir un effet néfaste sur votre vie ? Si je vous pose cette question aujourd’hui c’est parce que j’observe depuis avril 2015 une diète médiatique salutaire. Qu’est-ce que ça veut dire ? Arrêter les actualités ! Tout simplement pas de journaux papiers ni télé (pas de télé d’ailleurs), pas de radio et bien évidemment pas de notifications sur le portable. J’ai eu l’occasion de réfléchir aux bénéfices de cette diète médiatique depuis 3 ans de pratique assidue et en plus des avantages immédiats que j’avais souligné à l’époque, j’en ai observé d’autres qui se sont révélés sur le long terme. Ne croyez pas que je ne suis au courant de rien, je consomme l’information différemment. J’ai eu l’occasion d’expliquer cela lors d’une soirée Tribe en décembre dernier. Je vous livre ici des réflexions plus approfondies à ce sujet.

Comment j’en suis arrivée à arrêter les actualités ?

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas mon histoire (fraîchement débarqués sur le site ou simplement de passage parce qu’ils ou elles ont vu de la lumière…), vous vous demandez peut-être comment j’en suis arrivée à faire cette diète médiatique… Je n’ai pas une culture télévisuelle très développée. Lorsque j’étais petite nous avions une télé dans le séjour et seuls les parents avaient accès à cet engin-là ! A l’époque je trouvais ça très embêtant et comme tout ce qui est interdit, j’avais envie de la regarder. Alors j’allais chez ma mémé (chez mémé tout est plus simple bien souvent) et je regardais les dessins animés de Récré A2 ! Punaise j’ai pas l’air d’un dinosaure là ? Si mon ado préférée passe par là… Bisous ma belle ! Je me souviens de dessins animés cultes comme Les mystérieuses cités d’or, Candy, Goldorak (un peu moins fan), de la série de Heidi… Et puis il y avait aussi l’école des fans et le dessin animé Ulysse 31 avec Nono le petit robot ! Bref, le mercredi j’étais souvent chez ma mémé ! A la maison, à la rigueur on pouvait regarder un film de temps en temps avec Louis de Funès ou le jour de Noël par exemple et aussi négocier de regarder l’émission de variétés Champs Elysées le samedi soir sur Antenne 2 !!! Mais pas de journal télévisé et pas de télé en mangeant.

Par contre je me souviens bien du poste de radio posé sur la table et que mon père réglait sur la fréquence de France Inter : les infos, le Téléphone sonne, le Jeu des mille francs, les soirées multiplex de championnat de foot… Élevée à France Inter donc. Habituée des 4 bips qui rythmaient les heures sur cette radio. Je me souviens d’ailleurs qu’à table nous n’avions guère le droit de parler, mon père écoutait la radio ou sinon mes parents qui travaillaient ensemble parlaient du boulot. Il est évident que la télé ou la radio pendant le repas ne favorise pas les échanges familiaux et distend considérablement les liens interpersonnels. Conditionnée donc, une fois adulte j’ai continué à écouter France Inter sur le trajet du travail. Je baignais dans l’actualité chaque jour, jusqu’en avril 2015 où j’ai fait un burn-out et j’ai été arrêtée. Je n’ai plus fait de trajets pour le boulot donc je n’ai plus écouté la radio. J’aurais pu continuer à écouter la radio chez moi mais mon épuisement rendait l’adversité plus difficile à supporter or l’actualité est essentiellement négative et anxiogène, j’avais besoin d’apaisement, on verrait plus tard ! C’est ainsi que je me suis retrouvée en diète médiatique de fait mais aussi par choix personnel pour des raisons de sauvegarde. Je ne voulais plus de nouvelles du boulot et encore moins du monde.

Subir l’actualité ou choisir l’information ?

Plus tard c’est maintenant et je suis toujours en diète médiatique plus de 3 ans après. Pourquoi ? Parce que les actualités sont nocives pour moi, comme j’ai eu l’occasion de le constater depuis. Les réactions ont été diverses allant du

Mais alors tu ne sais rien ?

à des jugements beaucoup moins respectueux du style :

Vous êtes une autruche

Vous ne suivez pas l’actualité ? J’espère au moins que vous ne votez pas !

Et là je me suis dit qu’il y avait des personnes qui avaient besoin de suivre l’actualité pour aller voter. Pourquoi pas ? Je me suis rendue compte que pour moi l’actualité venait plutôt mettre le bazar dans mes idées. Il suffit d’un fait divers pour déclencher facilement des émotions chez moi comme chez beaucoup de mes semblables (à moins d’une pathologie qui prive la personne de ressentir ses émotions). Et depuis tout ce temps j’ai bien intégré que sous le coup des émotions le cerveau rationnel n’est plus disponible. Il ne réfléchit plus parce que c’est le cerveau émotionnel qui a pris le contrôle. Donc je trouve les actualités potentiellement dangereuses pour la clarté de mes idées. Si un fait divers est monté en mayonnaise quelques jours avant une élection, quid de mes idées ? La mayonnaise est une spécialité pratiquée par beaucoup trop de médias à mon goût… Je sais que submergée par les émotions je vote en étant influencée par ce que j’ai vu ou entendu. Autant dire que vu que nous élisons nos représentants pour un peu plus que quelques jours les conséquences peuvent être lourdes. Donc personnellement, je préfère me tenir à distance des actualités pour garder la tête froide. Avant une élection, je ferai des recherches personnelles, je lirai des articles d’analyse, de réflexion mais certainement pas l’actualité au fil de l’eau !

Journaux

Je pense que la réaction de certaines personnes est liée à une confusion entre l’actualité subie et l’information choisie. Lorsque j’allume la radio ou la TV, je ne suis pas préparée à recevoir l’actualité, je ne sais pas à quoi m’attendre, il n’y a pas de filtre, je ne choisis ni le sujet ni le moment. L’heure des actualités c’est l’heure (en général c’est à l’heure pile juste après le jingle). Donc je tourne le bouton et je prends tout ce qu’il y a à prendre dans la figure et c’est rarement générateur d’émotions positives… Heureusement je reste seule décisionnaire quant à tourner ou non le bouton. Encore que… Allumer la radio ou la télé peut devenir une sorte de réflexe conditionné. En rentrant du boulot ou en montant en voiture on allume machinalement la radio tout comme on attache sa ceinture. D’ailleurs souvent elle s’allume au démarrage toute seule. Je ne parle pas des notifications sur le smartphone qui s’affichent au fil des nouvelles qui tombent à l’AFP. Je n’ai jamais consommé l’actualité ainsi donc je ne peux pas en parler. Si certains veulent en témoigner dans les commentaires, ils sont les bienvenus.

Si par contre je choisis de m’informer volontairement de moi-même, je suis préparée à l’information que je recherche, je choisis le sujet et le moment en d’autres termes je reprends la main. Même si je me confronte à de l’information potentiellement anxiogène, et particulièrement dans ce cas, je le ferai à un moment où je me trouve dans un état d’être qui me permet de recevoir cela sans être trop affectée. D’une manière générale dans la vie, je me suis rendue compte qu’il est préférable que je garde en tête que j’ai toujours le choix. Cela me permet de mener ma vie plutôt que de la subir. En matière d’actualités c’est encore plus vrai pour moi puisque les actualités génèrent chez moi des émotions désagréables. À travers cette diète médiatique, je ne veux plus subir l’actualité anxiogène mais je veux pouvoir choisir l’information qui m’intéresse et le moment qui me convient.

Pourquoi les actualités sont-elles nocives pour moi ?

Facebook et compagnie

Les médias et les réseaux sociaux sont ce que j’appelle des amplificateurs de mal-être. Les médias diffusent des mauvaises nouvelles (en grande majorité). Il n’y a guère que les exploits de nos sportifs nationaux ou la neige en abondance sur les stations de ski pour les vacances de février qui donnent lieu à de l’actualité positive ! Les nouvelles essentiellement négatives sont relayées par les pessimistes de l’entourage. Le négatif fait toujours beaucoup plus parler de lui que le positif. Ça aussi c’est physiologique et constitutif de l’être humain. Nous sommes câblés de manière à détecter rapidement le danger pour être en mesure d’assurer notre survie. Au temps des mammouths et des tigres à dents de sabre cela avait du sens, aujourd’hui, ce mode de fonctionnement est moins adapté même s’il nous sert à repérer un camion avant de traverser pour ne pas nous faire aplatir aussi sûrement que par un mammouth. Mais je vous parlerai de mammouths une autre fois, ce n’est pas le sujet ici. Pour moi, ce serait déjà bien assez d’avoir la voix des pessimistes pour relayer la mauvaise parole mais c’est sans compter sur les réseaux sociaux.

Ben t’as qu’à pas avoir de compte Facebook !

D’abord, j’ai un compte Facebook si je veux. Ensuite, en avoir un m’a permis de me rendre compte de la manière dont cela fonctionne. Enfin, un compte Facebook ça se paramètre. Même si Facebook fait tout pour encourager ses utilisateurs à raconter leur vie pour récolter un maximum d’informations sur eux, les gens ne sont pas obligés de jouer le jeu. Même si Facebook choisit pour moi ce que je pourrais aimer et me maintient ainsi avec des œillères, j’ai la possibilité de l’envoyer paître et de lire ce que je veux. Internet est assez vaste pour trouver de l’information pertinente qui ne soit ni tronquée, ni déformée, ni amplifiée, ni sortie de son contexte.

Clic, partage de masse et manipulation

Sur Facebook, j’ai maintes fois observé que de vieilles publications étaient exhumées dans un contexte d’actualité spécifique qui leur donnait un relief particulier. L’œuvre de groupes de pression, de lobbies, de personnes à la recherche de gentils moutons prête à tout croire sans réfléchir… Un peu tout ça sans doutes. Alors beaucoup d’internautes s’enflamment :

Pas étonnant avec les décisions qui sont prises par le gouvernement, ça devait arriver

Heu… Vous avez vu que cette publication date d’il y a 4 ans ?

Non, on n’a pas le temps de réfléchir, on commente la publication et les commentaires des commentaires. Les individus s’excitent mutuellement enflammés par leurs émotions et cela crée un effet boule de neige. Les mauvaises nouvelles ainsi triturées sont récupérées par des groupes d’influence qui attisent les tensions pour gagner des esprits à leur cause. Et c’est de cette manière qu’une star de la téléréalité milliardaire, sexiste voire même misogyne devient le 45ème président des états unis. Yeah ! Les réseaux sociaux ont été, en plus de l’argent, le nerf de la guerre dans l’accès de ce personnage à la Maison Blanche. Il est tellement facile de manipuler les foules en faisant circuler des informations tronquées, sorties de leur contexte ou même inventées de toutes pièces. Il y a quand même des gens sur cette planète dont le boulot consiste à inventer de fausses informations ! On appelle cela des Fake news. En français ce sont des mensonges. Facebook est un lieu de prédilection pour faire circuler des Fake news et ne comptons pas sur Zuckerberg pour réguler quoi que ce soit ! Les Fake news sont génératrices de clics et les clics ça rapporte par l’intermédiaire de la publicité. Inventer des fausses informations permet de manipuler les masses avec divers objectifs (politiques, économiques, idéologiques…) et permet de faire le buzz et donc de rapporter beaucoup d’argent à certaines personnes.

Ces algorithme qui nous enferment

Il y a aussi un danger lié au fonctionnement des algorithmes qui gèrent les fils d’actualité. Je ne connais pas le détail de fonctionnement de tous les algorithmes mais je peux parler de celui de Facebook. Lorsque qu’un utilisateur commente une publications sur Facebook, que ce soit un «pouce», un « cœur », un commentaire d’une page ou un « Grrr » parce qu’il est ulcéré par ce qu’il a vu, FB considère qu’il a interagi. Par conséquent il se dit que la publication l’a intéressé, donc il lui en proposera d’autres de même nature dans son fil d’actualité. Je vous laisse évaluer le danger. Vous n’en voyez pas ? A force de voir constamment des articles et des vidéos sur un même sujet l’utilisateur en conclut que la situation empire et sa charge émotionnelle augmente que ce soit de la peur, de la colère ou de la tristesse. Il devient de moins en moins capable de réfléchir sur ce sujet et ce n’est pas de sa faute, c’est juste physiologique ! Les médias rabâchent les actualités anxiogènes et les réseaux sociaux les font tourner en boucle, enfermant les individus dans des bulles irréalistes, entretenant la peur et les ruminations collectives. Il devient facile de manipuler des individus qui ont peur ou d’allumer le feu chez des personnes qui sont en colère et de les pousser à agir sous le coup de l’émotion.

La peur de la majorité sert le pouvoir d’une minorité

J’ai observé que la peur est entretenue par des sujets récurrents. Je vous en cite trois que je trouve assez emblématiques :

  • Le chômage : les travailleurs acceptent tous les sacrifices par peur de perdre leur emploi, ils se sentent chanceux d’avoir un travail et endurent des conditions inacceptables par peur de ne plus avoir de quoi vivre avec leur famille.
  • La crise : les citoyens acceptent tous les sacrifices parce que c’est la crise, il faut faire des efforts. Il faut accepter de réduire les remboursements de santé, l’indemnisation des personnes licenciées, les aides sociales. Y’en a marre de tous ces assistés disent ceux qui vivent au sommet de la pyramide servis, nourris, logés et habillés par l’État ! Mais l’État c’est chacun et chacune d’entre nous et même ceux qui reçoivent des aides contribuent par le biais de diverses taxes. Pour certains, l’enfer c’est toujours les autres.
  • Le terrorisme : les citoyens acceptent toutes les dérives sécuritaires parce qu’il faut protéger la nation, bientôt nous trouverons peut-être normal d’être filmés dans les toilettes… Pourquoi le terrorisme terrorise les gens ? Parce qu’en quelques secondes, un acte barbare isolé fait le tour de la planète et plonge dans la peur des milliards d’individus ! Toujours ces histoires d’émotions !Les médias et les réseaux sociaux sont un formidable outil de publicité qui ne coûte rien aux terroristes. Sans la pub le terrorisme n’aurait pas le même impact. La peur entretenue constamment se transforme en angoisse et empêche de réfléchir. Pour moi c’est une forme de pouvoir sur les individus.

Puisque nous en sommes à parler de la peur, j’ai observé sur ma propre personne qu’elle fait perdre la capacité à se rattacher au réel, à prendre du recul, à relativiser. Pour reprendre le terrorisme, environ 240 personnes sont mortes à cause du terrorisme en France depuis janvier 2015 soit environ 80 morts par an. En 2013, le tabac a causé la mort de 73 000 personnes : il y a objectivement 900 fois plus de risques de mourir du tabac que d’un attentat pourtant le terrorisme effraie plus que la cigarette. Voilà un exemple de la perte de discernement entraînée par la peur. Je me souviens d’avoir eu ce genre de réflexion lors de la fameuse Grippe A, celle ou la ministre de la santé nous demandait de nous faire vacciner massivement et avait réquisitionné des gymnases pour cela. Pourtant le nombre de décès était vraiment insignifiant par rapport aux décès liés au tabac, à la consommation d’alcool, aux accidents de la circulation et j’en passe…

arrêter les actualités

De grands bénéfices

Sérénité et instant présent

Si je suis encore en diète médiatique aujourd’hui, c’est parce que j’en retire de grands bénéfices. Le premier qui est rapidement visible, c’est un retour à plus de sérénité et d’entrain. Les expériences négatives que nous vivons laissent des traces neuronales, et la répétition laisse des traces plus profondes (c’est le principe des apprentissages). La répétition de nouvelles anxiogènes et négatives influait sur mon moral et je faisais l’apprentissage de l’angoisse et du fatalisme : à quoi bon changer ? Le monde est foutu. Alors que la vie vaut la peine d’être vécue pour tout un tas de choses magnifiques. Depuis que je ne subis plus les actualités, je n’ai plus l’esprit pollué par le fatalisme et le pessimisme ambiant et je suis plus disponible pour des choses très simples qui me mettent en joie comme regarder le soleil se lever, voir un écureuil traverser le jardin, une personne qui me sourit, embrasser mes proches, savourer mon petit déjeuner…

Apprentissage du fatalisme mais aussi apprentissage de la peur. Or, la peur n’empêche pas le danger mais elle empêche de profiter de l’instant présent. Personnellement, j’adore me promener dans les bois : je vis l’instant présent, les couleurs, les odeurs, les sons, les trouvailles (champignons, châtaignes, fleurs), je prends des photos. Ma mère est horrifiée :

Mais tu es folle d’aller te balader toute seule ! Et si tu te fais agresser ?

Emportée par ses émotions et tenue dans l’angoisse des actualités qu’elle consomme assidûment sur France Info, elle voit le négatif partout. Souvent je lui dis qu’elle écoute trop les actualités. Mais elle me dit qu’elle ne peut pas rester sans savoir… Dommage pour elle. Elle se prive d’apprécier la vie bien davantage.

Les actualités anxiogènes sont une forme d’agression. Elles nous tombent dessus sans prévenir. Un stress surgit lorsque nous sommes confronté à l’inconnu ou à l’imprévu. Comme toute agression, les actualités activent la biologie du stress dans l’organisme. C’est un mécanisme d’adaptation naturel qui a pour but de préparer le corps à l’action : augmentation du taux d’adrénaline et du taux de cortisol sanguin (la principale hormone du stress), du rythme cardiaque, de la fréquence respiratoire et de la tension artérielle. Par contre la digestion est mise en berne, ce n’est pas le moment de digérer il faut réagir à l’agresseur. Du point de vue physiologique et comportemental, l’agression des actualités produit sur nous le même effet que le tigre à dents de sabre ou le mammouth ! Et nous ne pouvons rien y changer, c’est notre mode de fonctionnement.

Face à un danger, à une agression il y a trois attitudes possibles : fuir, combattre ou s’inhiber. De nos jours, la plupart des stress que nous subissons ne nous laissent pas la possibilité de fuir ou de combattre parce que socialement ce n’est pas acceptable. Alors nous choisissons de fait l’inhibition et restons en tension. Le corps s’use, générant des problèmes d’anxiété, de troubles du sommeil, de troubles digestifs ou d’autres problèmes de santé qui épuisent l’organisme. L’actualité contribuait à me pomper mon énergie. Je me projetais en me disant que ça pourrait m’arriver notamment lorsque cela concernait des enfants. Aujourd’hui lorsqu’il y a un imprévu je ne pense pas au pire : si ma fille rentre une heure plus tard du lycée, je ne m’en rends pas forcément compte et sinon je me dis qu’elle a eu un cours ajouté au dernier moment ou qu’elle a eu un empêchement et que j’aurai des nouvelles lorsqu’il lui sera possible de m’en donner. Cela ne veut pas dire que je nie les dangers, cela veut juste dire que je les remets à leur place. La grande majorité de nos peurs sont infondées alors ce serait quand même dommage de bâtir notre vie en fonction de quelque chose d’aussi évanescent !

Discernement et recul

Le deuxième avantage à cette diète médiatique a été de retrouver mon discernement. Arrêter  les actualités m’a permis de remettre les informations qui arrivent à moi en perspective. Je me pose des questions, je relativise, je vérifie les sources, je croise les informations et je constate souvent qu’il y a beaucoup de bruit pour rien ou pas grand-chose, pour faire le buzz comme on dit. Pourquoi ? Pour de l’argent ou pour du pouvoir (ce qui revient à peu près au même). Je prends l’information qui m’arrive pour ce qu’elle est et je ne lui donne pas toute la place, je ne réagis pas à chaud. Je laisse retomber l’émotion, j’attends de me calmer et de reconnecter mon cerveau analytique. Je me donne du temps et je suis à contre-courant avec les modes de fonctionnements actuels. Les réseaux sociaux, les notifications et l’info en continu ne laissent pas le temps de réfléchir puisqu’ils ne laissent pas le temps aux émotions de se dissiper. Pire ils chargent constamment la bulle émotionnelle conduisant les individus à éprouver des sentiments désagréables et à se mettre dans des humeurs très dommageables à leur santé physique et mentale.

Confiance et espoir

La plus belle chose que j’ai retiré de cette diète médiatique, c’est d’avoir retrouvé de la confiance en l’humain. Arrêter les actualités m’a permis de changer mon regard sur le monde, changer de point de vue. Porter attention à autre chose que le rabâchage négatif des médias. Regarder les initiatives citoyennes ou le travail des associations pour un monde meilleur. L’information positive se mérite, il faut la chercher.

Succès du film « DEMAIN » s’explique par le fait que les gens en ont marre des constats et ont besoin de solutions. Personnellement, j’ai envie d’agir, et savoir que c’est possible de changer le monde et que c’est de ma responsabilité ça me booste !

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde disait Gandhi.

C’est tout à fait ça. Faire son colibri, faire sa part, semer des petites graines et se sentir moins seul en rencontrant les autres colibris. Choisir de faire sa part plutôt que de continuer à subir et à râler. Sentir que quelque chose s’amorce, qu’il y a des idées et des volontés de changer ce qui ne va plus. C’est le plus grand bénéfice que j’ai retiré de cette diète médiatique, me dire que mes semblables ne sont pas aussi mauvais que ce qu’on voudrait me laisser croire !

J’ai voulu partager ma vision pour vous donner, si vous le souhaitez, l’occasion de réfléchir. A travers ces lignes j’ai semé des petites graines qui germeront ou pas, qui vous aideront à changer votre quotidien ou pas. C’est vous qui voyez puisque c’est vous l’artiste de votre vie !

Prenez soin de vous, vous le valez bien !

Isabelle.


Pour aller plus loin :

Le site de The Conversation pour de l’information analysée et de la réflexion
https://theconversation.com/fr

Le journal Tout va Bien qui s’attache à relayer de l’information positive
http://blog.toutvabienlejournal.org/

Faites part de vos trouvailles personnelles dans les commentaires sur ces deux thèmes.


Photos : Pixabay CC0

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Emma
Invité
Emma

Merci pour ce rappel salutaire. Après une longue diète médiatique totale de plusieurs années (radio, TV, Facebook), j’étais en train de revenir sur YouTube et Facebook, et de me faire de nouveau avoir de manière insidieuse. Par exemple, en creusant le sujet de la collapsologie, j’en suis venue à trouver le film « Demain » assez naïf. J’étais en train de sombrer dans « laquoibonisme » alors que chaque petit geste est bon à prendre.
Merci.

Isabelle
Invité
Isabelle

Merci pour cet article qui fait du bien, vous exprimez parfaitement le malaise que je ressens autour de moi, l’esprit chagrin des gens que je croise, leur insatisfaction de tout (j’ai souris au début de l’article, biberonnée moi aussi à l’écoute de France Inter pendant depuis mes années lycée et bien des années après… ). J’entame moi aussi une forme de fuite médiatique… je suis partie vivre à l’étranger (pas du tout les même préoccupations quotidiennes qu’en Europe), dans un petit village paumé en bord d’océan et je choisi mon information : picorage de Facebook pour papoter avec les copines… Read more »

Nadia Fauré
Invité
Nadia Fauré

Bonjour Isabelle, bravo bravo bravo ! Je ne peux que te rejoindre. Après avoir travaillé près de 30 dans un journal, notamment en tant que secrétaire de rédaction, je me devais de lire la presse écrite mais d’être aussi à l’écoute des autres médias pour les infos, les débats…. TV en mangeant, info dans la voiture, presse écrite sur le portable, la totale. Suite à un burn-out je n’ai même pas décidé de faire une diète médiatique, elle s’est imposée à mois dès le premier jour d’arrêt maladie. C’est mon mari qui a réalisé que je n’étais plus à l’affût… Read more »

Valérie SCAPPATICCI
Invité
Valérie SCAPPATICCI

Article très intéressant qui fait prendre conscience de plein de choses ! Merci pour ces belles paroles. Perso j ai décidé également de ne plus regarder ou écouter les infos de manière systématique parce qu il le faut !

Benoit
Invité
Benoit

C’est amusant, je n’ai pas encore pris le temps de lire l’article en entier mais cela rejoint justement ce que j’ai pu ressentir ainsi que les propos du Dr Serge Marquis (Pensouillard). Cela rejoint également le discours sur l’ego…. et je suis d’accord que l’information nous plombe quotidiennement. Sans forcément se sevrer, il est aussi possible de baisser la dose … autrement nous risquons de ne pas pouvoir faire face à cette « inondation » !

Nicolas
Invité
Nicolas

Bonjour Isabelle. Lecteur régulier de blog, je me permets de nuancer votre propos, car je ne suis pas d’accord : non l’actualité n’est pas « essentiellement » négative et anxiogène comme vous l’affirmez. Sur internet on choisit ce que l’on veut voir pas comme les médias traditionnels qui déroulent leurs infos sans filtre dans les JT notamment. Il ne faut pas dénigrer les dépêchent AFP, il faut simplement les choisir pas thème (je proscris systématiquement la rubrique Faits divers ou International par exemple). Quand aux « amis » Facebook qui relayent des infos négatives voir fausses, ça c’est une vrai pollution, bien pire que… Read more »

Fanny
Invité
Fanny

Sans en avoir donné le nom, je fais aussi une diète médiatique depuis plusieurs années. J’écoute la radio dans la voiture pour la musique, et je coupe quand ce sont les infos. À la limite, j’écoute la météo et les infos trafic. Mais pas toujours, je trouve ca parfois stressant aussi de savoir qu’il y a un nouvel accident, ou des embouteillages. J’ai aussi remarqué que ca stressait ma fille de 7 ans quand je ne coupe pas la radio assez vite. Je pense que d’avoir les détails d’une attaque, d’un attentat, d’un vol, ou que sais-je d’un acte de… Read more »

Monique LANGLET
Invité
Monique LANGLET

Bravo Isabelle pour ce long plaidoyer contre tout ce déballage médiatique. Je ne suis pas encore prête à faire la diète mais je vous admire pour l’avoir fait.

Joëlle
Invité
Joëlle

Wow Bravo Monique. J’y travaille aussi et il m’arrive de faire plusieurs jours sans les nouvelles.

Intéressant vos points et reflexions.

Merci à vous.

Joëlle
Canada 😉

Joëlle
Invité
Joëlle

Oups Isabelle, je vous ai nommé Monique au lieu d’Isabelle, désolée de l’erreur.

Aujourd’hui jeudi pas de nouvelle télé, radio ou web pour moi. Demain on verra.

Merci Isabelle de votre merveilleux blog.

Bonne journée,

Joëlle 😉