Témoigner son amour à ses proches et aux autres

Coeur amourL’amour est un sentiment complexe et sur lequel il est sans doute possible d’écrire sans fin. Tant d’écrivains et de poètes  l’ont déjà fait. En ces temps de violence, je vais partager avec vous mes réflexions sur l’amour et ma façon d’aimer. Tout ça pour vous rappeler qu’aimer, ça se vit et ça se dit aussi même si ce n’est pas toujours facile de le dire.

Mais au fait ? C’est quoi l’amour ?

Difficile de donner une définition de ce sentiment. Je n’ai pas la prétention de donner LA définition mais seulement, ma définition, mon regard sur le sujet.

L’amour selon le dictionnaire

 Selon le dictionnaire Larousse il apparaît que l’amour revêt plusieurs aspects :

  • Mouvement de dévotion qui porte un être vers une divinité, vers une entité idéalisée ; adhésion à une idée, à un idéal : Amour de Dieu.
  • Intérêt, goût très vif manifesté par quelqu’un pour une catégorie de choses, pour telle source de plaisir ou de satisfaction : Amour des objets d’art. Son amour du jeu le perdra.
  • Affection ou tendresse entre les membres d’une famille : Amour paternel, filial.
  • Inclination d’une personne pour une autre, de caractère passionnel et/ou sexuel : Déclaration d’amour.
  • Liaison, aventure amoureuse, sentimentale, galante : Un amour de jeunesse.
  • Personne aimée (surtout dans des apostrophes) : Mon amour.
  • Représentation symbolique des désirs de l’amour par un très jeune enfant ou un petit cupidon.

Oui bon, dans tout ça, il n’est pas fait référence uniquement au sentiment. Plaçons nous donc sur ce plan : le sentiment d’amour.

L’amour selon moi

Qu’est-ce que cela évoque pour moi ? Comme je vous le disais lorsque je vous ai parlé des bonhommes allumettes, l’amour est à différencier de l’attachement. Lorsque j’aime quelqu’un je n’essaie pas d’exercer un contrôle sur lui, je n’essaie pas de le changer, je le considère tel qu’il est et je ne mets aucune condition au fait de l’aimer. L’amour est une forme de respect de l’autre.
L’autre c’est celui qui évolue dans notre environnement affectif. Ce peut être notre conjoint ou notre partenaire de vie, nos enfants, nos parents, nos frères et sœurs, nos cousins et cousines, nos grands-parents, nos amis, mais aussi nos voisins, nos collègues de boulot et même des inconnus. Oui ! Lorsque je remercie d’un sourire l’automobiliste qui s’arrête pour me laisser traverser, je lui témoigne ma gratitude et ça, c’est déjà de l’amour. Moi je suis heureuse qu’il m’ait apporté sa considération et lui est heureux de la gratitude que je lui témoigne avec mon sourire.
L’amour, c’est ce que l’on donne aux autres et qui ne nous coûte rien. Il est bâti sur la sincérité de celui qui le donne, la gratitude de celui qui le reçoit et la confiance mutuelle des deux partenaires de cet échange. Plus on en donne autour de soi plus on s’enrichit. Ceci est aux antipodes de notre société moderne qui tend à favoriser l’individualisme, la méfiance, la peur ou la suspicion. Essayez d’inviter un inconnu à boire un coup avec vous ou d’offrir une rose dans la rue à une femme que vous ne connaissez pas … pas sûr qu’on vous accueille à bras ouverts. Cette chanson de Georges Brassens illustre bien cette méfiance et ces a priori que nous nourrissons à l’égard des autres. Je vous laisse en méditer les paroles :

Cette rose avait glissé de
La gerbe qu’un héros gâteux
Portait au monument aux Morts.
Comme tous les gens levaient leurs
Yeux pour voir hisser les couleurs,
Je la recueillis sans remords.

Et je repris ma route et m’en allai quérir,
Au p’tit bonheur la chance, un corsage à fleurir.
Car c’est une des pires perversions qui soient
Que de garder une rose par-devers soi.

La première à qui je l’offris
Tourna la tête avec mépris,
La deuxième s’enfuit et court
Encore en criant « Au secours! « 
Si la troisième m’a donné
Un coup d’ombrelle sur le nez,
La quatrième, c’est plus méchant,
Se mit en quête d’un agent.

Car, aujourd’hui, c’est saugrenu,
Sans être louche, on ne peut pas
Fleurir de belles inconnues.
On est tombé bien bas, bien bas…
Et ce pauvre petit bouton
De rose a fleuri le veston
D’un vague chien de commissaire,
Quelle misère!

Cette bouteille était tombée
De la soutane d’un abbé
Sortant de la messe ivre mort.
Une bouteille de vin fin
Millésimé, béni, divin,
Je la recueillis sans remords.

Et je repris ma route en cherchant, plein d’espoir,
Un brave gosier sec pour m’aider à la boire.
Car c’est une des pires perversions qui soient
Que de garder du vin béni par-devers soi.

Le premier refusa mon verre
En me lorgnant d’un œil sévère,
Le deuxième m’a dit, railleur,
De m’en aller cuver ailleurs.
Si le troisième, sans retard,
Au nez m’a jeté le nectar,
Le quatrième, c’est plus méchant,
Se mit en quête, d’un agent.

Car, aujourd’hui, c’est saugrenu,
Sans être louche, on ne peut pas
Trinquer avec des inconnus.
On est tombé bien bas, bien bas…
Avec la bouteille de vin
Millésimé, béni, divin,
Les flics se sont rincé la dalle,
Un vrai scandale!

Cette pauvre poignée de main
Gisait, oubliée, en chemin,
Par deux amis fâchés à mort.
Quelque peu décontenancée,
Elle était là, dans le fossé.
Je la recueillis sans remords.

Et je repris ma route avec l’intention
De faire circuler la virile effusion,
Car c’est une des pires perversions qui soient
Qu’de garder une poignée de main par-devers soi.

Le premier m’a dit: « Fous le camp !
J’aurais peur de salir mes gants. »
Le deuxième, d’un air dévot,
Me donna cent sous, d’ailleurs faux.
Si le troisième, ours mal léché,
Dans ma main tendue a craché,
Le quatrième, c’est plus méchant,
Se mit en quête d’un agent.

Car, aujourd’hui, c’est saugrenu,
Sans être louche, on ne peut pas
Serrer la main des inconnus.
On est tombé bien bas, bien bas…
Et la pauvre poignée de main,
Victime d’un sort inhumain,
Alla terminer sa carrière
A la fourrière!

Georges Brassens

L’amour c’est le fait d’être à l’écoute des autres, de leurs attentes, de leur témoigner de l’attention et d’être présent lorsqu’ils ont besoin de notre soutien. Dans les épreuves de la vie nous devons pouvoir nous appuyer sur nos proches et sur nos amis. Cela nous permet de rester debout ou même parfois pour nous redresser pour pouvoir repartir de l’avant. L’amour que les autres nous portent est une formidable source de vitalité qu’il n’appartient qu’à nous d’utiliser.

L’amour En résumé

Aimer, c’est ne pas juger, donner sans attendre en retour, pour le simple plaisir que cela procure. Aimer c’est aussi accepter de recevoir des autres, être accessible, déployer ses antennes pour capter leur chaleur et leur humanité. Pour moi, l’amour est une énergie que nous devons penser à utiliser chaque jour. Plus nous nous en servons et plus il y en a ! Alors ne nous en privons pas et donnons de l’amour autour de nous.

L’amour : comment en donner ?

Il y a sans doute autant de façon de donner de l’amour qu’il y a de grains de sable sur les plus grandes plages des océans du globe. Alors bien sûr, nous n’allons pas faire la liste ici mais juste poser quelques touches pour se rappeler du mode d’emploi. L’amour peut prendre des formes aussi variées que :

  • Serrer quelqu’un dans ses bras.
  • Poser sa main sur l’épaule d’une personne affligée.écouter un enfant
  • Donner un sourire lumineux pour exprimer sa gratitude à quelqu’un qui nous a apporté son aide.
  • S’accroupir à la hauteur d’un enfant pour écouter ce qu’il a à nous raconter.
  • Regarder son conjoint ou son partenaire comme si c’était la première fois que nous le voyions.
  • Proposer un coup de main au voisin qui rentre son bois pour l’hiver.
  • Vibrer à l’unisson avec son amoureux dans l’intimité de la relation bouquetpartagée corps et âme.
  • Offrir des fleurs pour un anniversaire, pour une fête et surtout pour rien.
  • Comploter pour inventer une surprise à quelqu’un qui nous est cher.
  • Coller une banderole sur le mur pour souhaiter un joyeux anniversaire à un proche.

J’arrête là, je pense que vous avez saisi ce sur quoi j’attire votre attention. Comme le dit si bien Francis Cabrel :

« Quoi que tu fasses, L’amour est partout où tu regardes, Dans les moindres recoins de l’espace, Dans le moindre rêve où tu t’attardes »

Alors ouvrez les yeux, recevez et donnez. Soyez inventifs, ne vous limitez pas et ne vous censurez pas.

L’amour ne finit jamais

cimetièreLorsqu’il arrive que des personnes que nous aimons quittent le monde dans lequel nous vivons nous sommes souvent désemparés. Emportées par des accidents de la vie ou par des maladies ou bien simplement parce qu’elles ont fait leur temps sur cette Terre et qu’elles finissent pas s’éteindre doucement, elles viennent à nous manquer parfois brutalement.

Surmonter un deuil

Le deuil est une étape difficile à surmonter dans une vie, d’autant plus difficile qu’elle touche un être proche, un parent, un conjoint ou un enfant.
La semaine dernière j’ai perdu une voisine et amie emportée trop tôt par la maladie. Une personne remplie d’humanité et de bienveillance, toujours prête à écouter ou à apporter son soutien à ceux qui l’entouraient. Une personne lumineuse et attachante qui aimait les autres. Je me souviens qu’elle m’a prise dans ses bras comme pour me protéger lorsque j’ai eu besoin de réconfort pour affronter certaines difficultés de ma vie. Je me suis rendue compte que je ne lui avais jamais dit combien ce geste avait été important pour moi, combien il m’avait touchée. Alors j’ai pris une feuille de papier et un stylo et je lui ai écrit. Je lui ai dit tout ce que j’aurais aimé lui dire si elle avait été encore là. Ce geste m’a apporté du réconfort et m’a permis de renforcer en moi le souvenir chaleureux que je voulais garder d’elle. Une personne délicieuse. Je sais qu’elle a reçu mes mots parce que je les ai écrits avec le cœur.
N’attendez pas qu’il soit apparemment trop tard pour témoigner votre amour aux gens qui comptent pour vous. Il est des circonstances qui font que l’on a pas eu le temps d’exprimer ce qu’on ressentait parce que la mort survient brusquement. Parfois, la personne pour laquelle nous avions tant d’affection n’était pas en mesure de comprendre nos sentiments s’il s’agissait par exemple d’un petit enfant ou d’une personne atteinte de dégénérescence mentale. Alors souvenez-vous que vous pouvez leur écrire pour leur dire tout ce que vous auriez tant aimé partager avec elles. Cela vous soulagera puisque comme je vous l’ai déjà indiqué dans le billet sur  les bonhommes allumettes le cerveau ne fait aucune distinction entre le réel et le symbolique.

Les mystères de la vie

Je ne veux pas froisser les convictions religieuses qui peuvent être les vôtres mais je veux simplement vous montrer ma façon de voir les choses. Cette façon n’est pas complètement en désaccord avec les croyances des grandes religions monothéistes.
Je pense qu’une fois que notre esprit a quitté notre corps physique, il poursuit son existence. Tout ce que nous sommes, nos convictions, nos pensées, notre intuition, tout cela n’est pas seulement le fruit de réactions chimiques dans notre cerveau. Non, tout cela constitue pour moi une partie immatérielle de nous, notre moi profond, celui qui connaît tout de ce que nous sommes réellement et qui a les réponses à toutes nos interrogations. Celui qui porte la mémoire de notre histoire personnelle, la mémoire des époques même très lointaines qui ont précédé notre naissance, la mémoire de notre humanité. Celui que nous arrivons à approcher lorsque nous entrons dans des états de conscience modifiée tels que ceux générés par l’hypnose. Notre être est finalement un assemblage de matière et d’énergie. Lorsque notre corps s’arrête, notre esprit, cette petite fraction de l’énergie universelle, continue sa route.
A mon sens, la vie que nous menons n’a pour finalité que d‘accumuler des expériences et de les transformer en sagesse. Si nous vivons en ayant en tête l’amour de soi et des autres, alors nous transformons notre esprit et nous l’élevons à un niveau supérieur. La vie est un processus d’amélioration continue. L’esprit poursuit son existence, sa quête d’amélioration en s’incarnant de nouveau dans un corps physique qui lui permettra de vivre les expériences dont il a besoin pour progresser. Une fois qu’il a acquis toute la sagesse possible alors il devient parfait : c’est le paradis mentionné dans la plupart des religions. Alors vivez d’amour, donnez-en, partagez-le, appréciez-le et pratiquez-le. Si chacun fait un peu c’est tout le monde qui gagne. J’espère vous avoir apporté matière à réflexion et peut-être des pistes pour ne garder que l’amour des personnes qui vous entourent ou qui vous ont côtoyé.

N’hésitez pas à me faire partager vos réflexions sur ce sujet. Je vous promets de revenir à un sujet plus léger dans mon prochain billet ! Prenez soin de vous.

Isabelle.


Photos : Isabelle Ducau et Ralph Grillot

6 réflexions sur “Témoigner son amour à ses proches et aux autres

  1. Mireille dit :

    Alors tu peux rajouter sur ta liste Les quatre accords Tolteques : il y en a un c’est justement « quoi qu’il arrive, ne pas en faire une affaire personnelle ». Il y a aussi « que ta parole soit impeccable » c’est le premier, hyper dur à tenir…. Les autres m’en souviens plus 🙁

    • Isabelle dit :

      Je l’ai lu celui-là, je ferai un article dessus ! les deux autres accords c’est « faire toujours de son mieux » et « Ne pas faire de supposition ». C’est en pensant à ce livre que j’ai écris mon précédent commentaire 😉

  2. Mireille dit :

    L’amour oui mais encore faut-il parler le même langage que l’autre (le conjoint, le parent, l’amis). Et ça me fait penser au bouquin : les 5 langages de l’amour (Gary ? Chapman). Il faut trouver quel est le langage de l’autre et s’exprimer dans son langage pour témoigner son amour. Les langages sont : les paroles valorisantes, rendre services, les cadeaux, les moments privilégiés et le toucher.
    Trouver son propre langage n’est deja pas facile 🙂 alors celui de l’autre …

    • Isabelle dit :

      Je ne connais pas ce bouquin (je vais le mettre sur ma liste 😉 d’ailleurs s’il y en a qui manquent d’idées de cadeau …). Tu as complètement raison, le plus difficile c’est de parler le même langage. L’autre réagit aussi en fonction de ses blessures (à ce sujet, il y a un bouquin interessant, « les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même » de Lise Bourdeau). Il faut aussi éviter de prendre les remarques des autres à titre personnel (j’écrirai là-dessus un jour prochain …), ça permet d’éviter beaucoup de tensions inutiles.

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